Salut. Je suis rentré de Venise hier soir. Je m’y suis amusé. La projection de presse a eu lieu Samedi matin. Nous sommes arrivés en début d’après-midi. A peine le temps de poser mes valises que j’ai été emporté, en compagnie d’Emmanuelle vers une meute de journalistes qui ne cachaient pas sa fascination ou son indignation pour le film… J’ai ensuite vécu mon premier « photocall ». Une expérience. On vous jette sur une petite estrade où plusieurs dizaines de photographes attendent pour vous tirer le portrait. Ca gueule et ca flashe dans tous les sens et l’énergie qui se dégage d’un tel instant est incroyable…
La nuit est vite tombée. Après un dîner arrosé et surréaliste organisé par Wildbunch dans la grande cour du casino de Venise, nous avons pris un vaporetto vers le Lido pour la projection de minuit. Marco Müller nous a accueilli chaleureusement. Emmanuelle était très belle. Elle a électrisée les photographes en compagnie de son amoureux. Le film a été plutôt bien accueilli. Assez controversé, il suscite quelques réactions extrêmes et beaucoup d’opinions tranchées. J’entends un peu tout et n’importe quoi. Ce qui me fait penser que la sortie du film ne va pas être facile…
Il y a quelques jours le TIMES de Londres a publiĂ© un article qui a provoquĂ© une mini polĂ©mique (ici). Une association de gens -le Tsunami Support UK- qui ont perdus des proches dans la catastrophe s’offusquent qu’un film d’ « horreur » « exploite » la tragĂ©die. J’ai beau expliquer que le film est une mĂ©taphore sur le deuil et que le Tsunami est juste un point de dĂ©part, visiblement ce n’est pas assez… Je ne m’en justifirai pas.
Je n’ai pas vraiment pris le temps d’explorer Venise, je le regrette et je me suis promis de revenir bientôt. Le festival propose quelque chose de très différent de Cannes ou de Toronto. Ici pas ou peu de marché, presque pas de public, c’est calme, élégant et désert.
J’étais logĂ© Ă l’hĂ´tel des Bains. Un endroit mythique oĂą Sergio Leone a tournĂ© une scène mĂ©morable de « Il Ă©tait une fois en AmĂ©rique ». La scène oĂą Noodles (Robert Deniro) loue hors saison le restaurant de l’hĂ´tel pour impressionner Deborah, son amour d’enfance interprĂ©tĂ©e par Elizabeth McGovern. C’était aussi l’hĂ´tel de « Mort a Venise » de Visconti. Ca force le respect et chaque fois que je rentrais dans l’hĂ´tel, j’avais l’impression de pĂ©nĂ©trer dans une Ă©glise…
Dimanche matin, sur la grande terrasse de l’hĂ´tel, j’ai pris mon petit-dĂ©jeuner juste Ă cĂ´tĂ© de la table du gĂ©nial Hayao Miyazaki venu prĂ©senter son dernier chef d’œuvre : Ponyo on the cliff.Â
Toujours en très joyeuse compagnie, j’ai beaucoup bu. Notamment un cocktail curieux dont le nom m’échappe et qui mĂ©lange onctueusement du citron, de la vodka et du champagne.Â
Depuis mon retour de Venise, la presse est tombĂ© d’un peu partout, du bon, du moins bon, du catastrophique parfois. Hier soir, j’ai eu une discussion tĂ©lĂ©phonique avec Michel Burnstein, l’attachĂ© de presse du film. Les visions de presse parisiennes se terminent et Michel me prĂ©vient sur la pointe des pieds que quelques dents commencent Ă grincer. Il y a ceux qui se rĂ©jouissent de casser du « bĂ©art » et ceux qui sont Ă©pidermiquement hostiles au film… de plus en plus nombreux semble-t-il… Je me prĂ©pare Ă prendre quelques coups…
Heureusement, beaucoup aiment le film et adhérent avec passion à cet étrange cauchemar sur pellicule. J’ai reçu quelques messages très touchants et plusieurs emails enflammés. Le nouveau MadMovies fait sa couverture sur VINYAN. Je l’ai découvert hier soir sur leur site. J’ai rarement vu une couverture « Mad » aussi moche. J’ai appellé Fausto le rédacteur en chef du mag. Il m’assure –probablement à raison- que le côté « Arthouse » de l’affiche n’a pas assez d’impact pour les lecteurs de Mad et que certaines photos d’enfants ont déjà été vues partout. Chez Mad notamment. Il ne voulait pas faire de la repasse. Il fallait du neuf. Je comprends, mais pourquoi si laid ? Pourquoi ne pas m’avoir fait passer quelques épreuves ? Pourquoi si aussi loin du film ? Le principal -m’assure-t-on- est que VINYAN soit écrit en grand et en gras… De toute façon, il est trop tard pour y changer quoique ce soit et le magazine sera en kiosque à partir de la semaine prochaine.
Demain, je m’envole pour Toronto. MichaĂ«l m’accompagne. Il y a quelques annĂ©es, j’y avais prĂ©sentĂ© CALVAIRE. Je me rĂ©jouis d’y retourner. Bien Ă vous tous, F.
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