Nope- affiche
4
Nope

C’est l’heure du grand décollage pour Jordan Peele. L’épreuve du troisième film, après les sensationnels Get Out et Us, le moment ou jamais de faire tomber les résistances des derniers sceptiques. Ses deux premiers longs-métrages témoignaient d’un appétit de cinéma hors du commun ? Il s’agit désormais de voir encore plus grand.

Frédéric Foubert
AFFICHE
2
Loin de chez nous

Dans ce documentaire, Wissam Tanios suit la trajectoire de deux jeunes frères syriens – l’un menuisier comme leur père, l’autre ne quittant jamais sa trompette - ayant fait le choix de l’exil pour tenter de vivre une vie meilleure loin de leur pays d’origine en guerre. Impossible de rester insensible devant ce film mêlant images du présent et documents d’archives familiaux (grâce à la caméra de leur oncle qui n’a jamais cessé de filmer gamins) dans un équilibre construit avec soin pour que le passé ne bégaie jamais mais éclaire la situation actuelle de ces deux frères.

Thierry Chèze
1 Dodo

Mais qu'est-ce que t'as Dodo, dis donc ? Panos H. Koutras, rien de moins que le réalisateur grec du gaguesque L'Attaque de la moussaka géante, met en scène un couple au bord la ruine qui s'apprête à célébrer le mariage de leur fille avec un riche héritier, histoire de littéralement sauver les meubles. C'est là, à la veille de la cérémonie, que se pointe dans le jardin familial un dodo, animal censé avoir disparu de la surface de la Terre il y a 300 ans... Le rapport entre les deux ?

François Léger
GALERIE
2
Laal Singh Chaada

Une plume d’oiseau qui vole et vent dans la première et ultime scène. Un héros qui court et traverse plus de 30 ans de l’histoire son pays en héros malgré lui. On est ici en terrain connu. Logique : Laal Singh Chaada est le remake indien du Forrest Gump de Zemeckis.

Thierry Chèze
Bullet Train affiche
2
Bullett train

« Garbo rit ! » C’était le slogan avec lequel la MGM avait lancé Ninotchka. Pour Bullet Train, Sony aurait pu mettre : « Brad Pitt s’amuse ! ». Parce que c’est sans doute la seule raison d’aller voir ce polar un peu usant. Dès le début le pacte est clair : ca va flinguer à tout va. Sept tueurs à gage ont pour mission de mettre la main sur une mallette qui se trouve à bord d’un train lancé à grande vitesse. Le spectateur ne quittera pas le train, eux non plus. Car pour récupérer la mystérieuse valise, tous les coups sont permis.

Pierre Lunn
L'année du requin affiche
1
L'Année du requin

Après le loup-garou des Pyrénées (le très sympathique Teddy, 2020), voici le requin des Landes. Les frères Boukherma poursuivent leur démarche régionaliste se réappropriant des figures identifiées du cinéma de genre nord-américain. Cette délocalisation passe par l’absurde avec le P’tit Quinquin de Bruno Dumont dans le viseur. La province française est envisagée comme un territoire inédit, peuplé d’individus en décalage avec toute norme supposée, dont l’apparent ahurissement distille une poésie comique.

Thomas Baurez
AFFICHE
3
En décalage

C’est au départ à peine perceptible. On croit même un temps à un souci de copie. Mais, plus les minutes du récit défilent dans la salle et plus les jours passent à l’écran, plus l’ingénieure du son, héroïne de ce premier long espagnol signé Juanjo Giménez Pena, découvre bel et bien un décalage entre les bruits autour d’elle et le moment où elle les perçoit.

Thierry Chèze
GALERIE
3
Les Promesses d'Hasan

D’abord cet arbre majestueux au milieu d’un champ vide. C’est le centre de gravité de cette histoire d’un paysan - Hasan – obligé de défendre ses terres menacées par l’installation d’un pylône.  Dans le même temps, sa femme et lui, ont été tiré au sort pour entreprendre le pèlerinage à la Mecque. L’occasion de solder certains comptes avec soi-même. Il arrive ainsi à Hasan de rêver et de faire remonter à la surface certaines rancœurs. L’arbre, lui, est toujours là, comme un garde-fou. Et quand il en vient à être déraciner, c’est l’équilibre de ce monde qui vacille.

Thomas Baurez
GALERIE
2
Amants super- héroïques

Réalisateur de Perfetti Sconosciuti que Fred Cavayé a remaké avec Le Jeu, Paolo Gevonese se déploie cette fois- ci sur le terrain de la comédie romantique en disséquant l’histoire d’un couple – lui, prof de physique pour qui la vie n’est que la résultante d’une formule mathématique ; elle, dessinatrice de BD aussi impulsive qu’anticonformiste – de sa rencontre fortuite un soir de pluie aux hauts et bas qui vont rythmer leur relation, entre ruptures et réconciliations qu’on peut croire à chaque fois définitives. L’exercice n’a évidemment rien d’inédit mais le charme opère.

Thierry Chèze
GALERIE
1
Des feux dans la nuit

Pour son deuxième long métrage (seize ans après le premier, Müetter qui réunissait Stanislas Merhar et Sophie Quinton), Dominique Lienhard adapte Naufrages, une nouvelle du japonais Akira Yoshimura, pour la transposer dans une petite île européenne du 16ème siècle. On y suit les aventures d’un jeune garçon de 15 ans propulsé dans des responsabilités d’adulte au départ de son père parti travailler, loin des siens, pour subvenir au besoin de sa famille.

Thierry Chèze
GALERIE
3
Krypto et les super- animaux

Vous saviez que Superman avait un chien ? Ce n'est pas une invention opportuniste : Krypto le super-chien est apparu en 1955 dans une aventure de l'Homme d'acier quand il était ado. Très populaire -et déjà héros d'une série télé animée en 2005- le voici à la tête de son film, et le résultat est vraiment chouette.

Sylvestre Picard
GALERIE
3
Destruction babies

Des guitares saturées en guise d’ouverture. Une ville portuaire au Japon. Un gamin de 18 ans se fait lyncher par une bande. Voix-off : « Ce jour-là mon frère a disparu. Il n’est jamais réapparu. Je demande où il est passé... Vu son tempérament bagarreur, ça n’a surpris personne. » La caméra de Tetsuya Mariko va bien-sûr suivre à la trace ce « frère disparu ». Taïra est incarné par Yagira Yûya, Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes pour Nobody Knows d’Hirokazu Kore-eda en 2004.

Thomas Baurez
GALERIE
3
Mi Iubita, mon amour

C’est l’histoire d’une jeune femme qui, partie enterrer sa vie de jeune fille avec des amies en Roumanie, y tombe amoureux d’un garçon qui fait imploser ses certitudes. Cette histoire, Noémie Merlant (qui signe son premier long – après deux courts métrages remarqués, Jesuis#unebiche en 2017 et Shakira en 2019 - tout en y tenant le rôle central) a expliqué lors de sa présentation en séance spéciale au festival de Cannes en 2021, qu’elle était la sienne.

Thierry Chèze
GALERIE
3
Costa Brava, Lebanon

On se souvient en France à l’annonce du premier confinement de la course effrénée de Parisiens affolés se précipitant sur les routes pour rejoindre un havre de paix à la campagne. Et si l’intrigue de Costa Brava, Lebanon est censée se dérouler dans un futur proche, elle évoque bien notre passé récent. Soraya et Walid (Nadine Labaki et Saleh Bakri), un couple avec enfants a décidé de se retirer loin du tumulte de Beyrouth et sa vie accélérée. Dans leur bicoque 100% responsable, tout est beau et bio.

Thomas Baurez
GALERIE
1
Le Rapport Auschwitz

Déportés à Auschwitz en 1942, Alfred Wetzler et Walter Rosenberg, deux jeunes juifs slovaques, ont réussi à s’enfuir le 10 avril 1944 pour sauver leur peau mais surtout révéler au monde ce qui se déroulait réellement dans ces camps de la mort. C’est de cette histoire vraie que Peter Bebjak (Leçon de classes) a décidé de s’emparer, dans un travail de mémoire qu’il juge encore plus indispensable aujourd’hui alors que l’extrême- droite a fait une entrée en force dans le Parlement de son pays. L’intention est louable mais le résultat laisse perplexe.

Thierry Chèze
GALERIE
3
Becoming father

Arrivée en force sur notre sol du tonitruant cinéaste japonais Tetsuya Mariko, avec les sorties conjointes de ses deux premiers longs-métrages : Destruction Babies (2016), sur l’itinéraire d’un bagarreur compulsif (cf ci- dessous) et ce Becoming Father (2018), pas forcément plus apaisé que le précédent. Tetsuya remarqué notamment au Festival de Locarno et formé par Kiyoshi Kurosawa, adapte ici un manga populaire au Japon. Le héros, un cadre sans envergure, déploie une agressivité insoupçonnée pour les beaux yeux de sa belle.

Thomas Baurez
GALERIE
2
Un été comme ça

L’ombre du Déclin de l’empire américain de Denys Arcand, immense succès du cinéma québécois en France dans les années 80 (plus d’1,2 million de spectateurs réunis en 1987) plane sur ce nouveau film de Denis Côté (Vic + Flo ont vu un ours) mais sans l’écraser. Les deux compatriotes partagent ce goût et ce talent pour parler de sexe, avec une crudité assumée mais sans jamais verser dans la vulgarité.

Thierry Chèze
GALERIE
3
Marcel !

Une petite fille insomniaque. Sa mère artiste de rue qui l’aime certes mais maladroitement et lui préfère... son chien (et partenaire de spectacle) Marcel ! Voici le point de départ du premier long de la comédienne Jasmine Trinca, inspiré du rapport singulier et passionnel qu’elle a entretenu avec sa propre mère.

Thierry Chèze
GALERIE
4
Sundown

C’est un film si mutique et mystérieux qu’il veut mieux en savoir le moins possible à son sujet avant de s’asseoir devant. Contentons-nous de dire que Tim Roth y joue un homme en vacances avec sa sœur et ses neveux dans un hôtel mexicain ultra-luxueux. Un événement imprévu oblige la famille à rentrer précipitamment chez elle, à Londres, mais notre héros va trouver un prétexte bidon pour rebrousser chemin à la dernière minute.

Frédéric Foubert
GALERIE
2
Mia et moi: L'héroïne de Centopia

Grâce à un bracelet magique, une jeune fille se transforme en Elfe et se retrouve entraînée dans un conflit entre les différents peuples du Royaume de Centopia. Traduction en langage de cinéma : on passe du live action (le monde réel avec Mia et son pépé dans une maison de campagne) à de l’animation 3D (Centopia et ses créatures farfelues). Très honnêtement, on a déjà vu ça dix mille fois.

Sylvestre Picard
The Gray Man affiche
3
The Gray man

Après quatre films chez Marvel Studios et un petit détour plus modeste sur Apple TV+ (Cherry, avec l’ami Tom Holland), Anthony et Joe Russo s’essaient à l’actioner pur jus avec The Gray Man, cette fois pour Netflix. Gros film (on parle d’un budget de 200 millions de dollars), gros casting (Ryan Gosling, Chris Evans et Ana de Armas), grosses ambitions pour la plateforme.

François Léger
affiche - la petite bande
3
La Petite bande

Rien de tout cela n’était prémédité. Avec son complice Benoît Graffin, Pierre Salvadori avait au départ envisagé son nouveau film avec comme héros une bande d’adultes aussi maladroits qu’incompétents. Avant de réaliser que tout ceci bégayait avec ce qu’ils avaient pu faire et de reprendre tout à zéro en décidant que cette bande aurait… 12 ans de moyenne d’âge et s’embarquerait dans un projet bien secoué : faire sauter l’usine qui pollue leur village depuis des années.

Thierry Chèze
GALERIE
2
Dédales

Début 2022, on avait été épaté par Unidentified de Bogdan George Apetri, un polar implacable mettant scène un flic machiavélique prêt à tout pour se venger de la femme qui l'avait quitté, découvert sur la plate- forme Universciné. On attendait donc avec impatience de découvrir le nouveau film du cinéaste romain, cette fois- ci sur grand écran. Dédales fonctionne comme une valse à deux temps. Dans un premier chapitre, on accompagne une jeune novice quittant son monastère pour un mystérieux rendez- vous en ville avant de subir une brutale agression.

Thierry Chèze
Marina Foïs dans As Bestas
4
As bestas

Après sa mise sur orbite avec Que Dios Nos Pardone et El Reino (suivis en 2020 par le très beau Madre), le réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen opère un virage surprenant avec As bestas, thriller rural semi-horrifique aux accents prononcés de western. Il est venu cette fois chercher Denis Ménochet et Marina Foïs pour incarner un couple de Français, installés depuis quelques années dans un village paumé de Galice, tout près de la frontière portugaise.

François Léger
GALERIE
2
Magdala

Découvert dans le cadre de l'ACID lors du dernier festival de Cannes, le nouveau Damien Manivel (Les Enfants d'Isadora) s'empare de la figure de Marie- Madeleine et la montre retirée du monde au cœur d'une forêt, depuis la mort de Jésus. Magdala se révèle un film de contemplation hardcore dont la radicalité en laissera beaucoup au bord du chemin.

Thierry Chèze
GALERIE
2
Jesus Lopez

Jesús López est mort. Accident de moto, couic, adieu le prometteur pilote de course automobile. Le village entier est en deuil, sa figure christique (outre le nom, Jesús avait aussi les cheveux longs et une barbe nourrie) s’est fait la malle. Son cousin Abel, un adolescent mal dans sa peau, est alors tenté de prendre sa place et se rapproche de plus en plus de ses parents et de son ex-petite amie. La ressemblance devient troublante… Jesús López commence comme un récit d’apprentissage naturaliste, avant de bifurquer soudainement vers le réalisme magique.

François Léger
Thor : Love and Thunder - affiche payoff
2
Thor : Love and Thunder

Connaissez-vous Jason Aaron ? Ce n'est pas un nom surgi de nulle part, car ce scénariste de comics est connu pour avoir donné à Thor deux fameux runs : la transformation de Jane Foster, atteinte d'un cancer en phase terminale, en Déesse du Tonnerre grâce au marteau Mjölnir ; et la poursuite par Thor de Gorr, le Boucher des Dieux, un alien cherchant à exterminer toutes les divinités de la Galaxie par vengeance. Thor: Love and Thunder tente d'associer dans un seul film ces deux histoires imaginées par Aaron.

Sylvestre Picard
AFFICHE
2
Rifkin's festival

Quand il ne tient pas la tête d’affiche de ses films, Woody Allen choisit en général un avatar pour le remplacer, un alter-ego qui peut, selon l’humeur, avoir la tête de Kenneth Branagh (Celebrity) ou de Scarlett Johansson (Scoop). C’est aujourd’hui Wallace Shawn qui s’y colle.

Frédéric Foubert
GALERIE
2
To kill the beast

Une jeune fille cherche son frère disparu dans une jungle frontalière. To Kill the Beast ne manque pas d'étrangeté ni d'atmosphère : une bête maléfique rôde hors champ (mais alors trèèèès hors champ) autour de son héroïne découvrant la sexualité, mais la réalisation est en fin de compte plus étirée qu'éthérée malgré ses belles idées -des plans fixes de village perdu dans la brume et la nature, une étonnante reprise disco de l'Ave Maria de Schubert entendue alors que des villageois traquent la bête.

Sylvestre Picard
Les nuits de Mashhad
3
Les Nuits de Mashhad

Un malentendu pré-cannois voulait que l’auteur de l’étrange Borders (2018) allait forcément nous plonger une nouvelle fois dans un bain fantastique. Le titre original faisait même monter la sauce en évoquant une araignée supposément sacrée (Holy spider). D’aucuns diront après avoir découvert ces Nuits de Mashhad que le caractère authentique de l’histoire racontée, suffit à rendre l’ensemble ahurissant. Soit en 2001 dans la ville Sainte de Mashhad en Iran, un père de famille se mue en tueur de prostituées pour « nettoyer » la société.

Thomas Baurez