Obi-Wan Kenobi
2022 Disney

Il est temps de réveiller la Force pour la série consacrée au Maître Jedi Ewan McGregor, qui commence le 27 mai sur Disney+.

Pour le format cinéma

C’est une évidence qui saute aux yeux dès la bande-annonce : même si Obi-Wan est au même format (2 :39) que The Mandalorian et Le Livre de Boba Fett, le cadre apparaît comme beaucoup plus large. Les échelles de plan semblent agrandies, les focales plus profondes… Un vrai feeling d’écran large qui se dégage des premiers plans dévoilés de la série. Peut-être que cela est dû au directeur de la photographie de la série, qui n’est autre que le brillant Chung Chung-hoon (les films d’horreur Ça ou Last Night in Soho…), chef op favori de Park Chan-wook depuis Oldboy, qui signe là sa première série.

Pour John Williams

Les compositeurs Michael Giacchino (Rogue One), John Powell (Solo) et Ludwig Göransson (The Mandalorian) ont brillamment investi à leur façon l’univers de Star Wars période Disney, se réappropriant l’héritage musical de John Williams… qui fera son grand retour dans la galaxie lointaine, très lointaine avec la partition de la série Obi-Wan Kenobi. Williams, qui avait repris du service avec la postlogie (prouvant notamment avec le superbe thème de Rey que le feu sacré était encore en lui), a l’expérience nécessaire pour le petit écran. Il déjà composé pour la télévision, soit pour des épisodes de série (Perdus dans l’espace) soit pour des séries entières (L’Ile aux naufragés, évidemment Histoires fantastiques par Spielberg) ou encore des événements (les Oscars de 76). La perspective de voir Williams accorder son style spectaculaire au format narratif épisodique est carrément excitante, non ?

Obi-Wan Kenobi
2022 Disney

Pour le visage de Ewan McGregor

C’est évident, et c’est la raison pour laquelle on va la mater, cette série… En 1999, l’une des idées de génie de la prelogie de George Lucas était d’avoir engagé la révélation de Trainspotting pour incarner le jeune Obi-Wan : rien à voir a priori entre l’impressionnant Sir Alec Guinness, symbole de la classe nobiliaire de l’acting anglais, et le chien fou écossais muse de Danny Boyle, et le contraste était réjouissant -la prélogie devenait aussi le récit du passage d’Obi-Wan de la fougue de la jeunesse à la mélancolie de l’âge mûr, avant la folie de la solitude dans le désert… C’est justement cette troisième étape d’Obi-Wan que la série envisage de raconter, et il n’y a qu’à voir ce plan où le Maître Jedi déchu observe le jeune Luke à distance pour mesurer dans le regard foudroyé d’Ewan le poids des âges, la joie de voir l’avenir promis par le fils d’Anakin, et les chagrins du souvenir des amitiés perdues, brûlées dans le feu de la colère et des haines. Tout ça dans le visage d’Ewan ? Mais oui.

 

Pour Oncle Owen et Tante Beru

Joel Edgerton et Bonnie Piesse ont le privilège d’apparaître sur le tout dernier plan de La Revanche des Sith, portant bébé Luke dans leurs bras devant le crépuscule (ou l’aube ?) des soleils de Tatooine… Un final bouleversant qui donne en un instant une légitimité à la prélogie de Lucas : les scènes d’Oncle Owen et Tante Beru dans le tout premier Star Wars (avant leur exécution par des stormtroopers) prennent alors une ampleur autrement démesurée. Depuis, si Joel a connu une sacrée bonne carrière, Bonnie n’a pas vraiment percé. La perspective que la série rende au moins justice à Tante Beru est une vraie bonne raison à son existence. Qui vote pour un spin-off consacré aux problèmes des fermiers hydroponiques sur Tatooine ?

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Pour Hayden

C’est LA grosse attente de la série. On sait que Dark Vador est une arme secrète dégainée par Disney façon Death Star et maniée très efficacement (voir le combat final de Rogue One, dont on parle encore six ans plus tard), mais comment va-t-elle gérer le retour d’Hayden Christensen ? Il y a vingt ans, il était de bon ton de critiquer la performance de l’acteur en Anakin Skywalker, mais il est devenu au fil des années l’un des acteurs chouchous des fans, toujours chaleureusement applaudi en convention -et, honnêtement, sa perf dans La Revanche des Sith avec le basculement vers le Côté obscur est vraiment remarquable. Le revoilà donc dans Obi-Wan Kenobi, prêt à refaire face à son ancien Maître... ou pas ? Rajeuni dans des flashbacks ? Défiguré derrière le masque de Vador ? Immaculé apparaissant en Anakin qui n’aurait pas été brûlé par la haine et la lave de Mustafar ? Mystère. Et on sait que les mystères, en série, c’est très excitant.

Pour la production et l’écriture

Derrière The Mandalorian et Le Livre de Boba Fett, il y a le duo de producteurs Jon Favreau et (surtout) Dave Filoni, ce dernier adoré des fans hardcore de Star Wars grâce à son boulot sur Clone Wars. Mais Filoni et Favreau ne rempilent pas sur Obi-Wan Kenobi : les producteurs Katterli Frauenfelder (assistante réalisatrice de Tim Burton depuis vingt ans) et Thomas Hayslip (qui a aussi travaillé sur Mission : Impossible Rogue Nation et Tenet) président notamment aux destinées de la série avec la réalisatrice Deborah Chow (qui a beaucoup œuvré sur les séries Reign et Mandalorian). Côté script, on trouve Hossein Amini (Drive), auteur du projet d’origine, film devenu série, Stuart Beattie (Collateral, le premier Pirates des Caraïbes…), Joby Harold (Le Roi Arthur de Guy Ritchie) mais aussi 

La promesse d’un ton nouveau pour Star Wars, plus "cinéma" et moins "série" ? En tous cas, l’autre bonne raison de découvrir la série, c’est que Ewan McGregor est également producteurs, comme s’il se garantissait un retour du Maître Jedi à la hauteur de ses rêves. Et peut-être bien des nôtres.

La série Obi-Wan Kenobi, constituée de six épisodes, commence le 27 mai sur Disney+.