Robert Benton, lauréat de trois Oscars, avait 92 ans.
Le cinéma américain perd l’un de ses grands conteurs : Robert Benton, réalisateur et scénariste oscarisé à trois reprises, est mort dimanche à Manhattan à l’âge de 92 ans. C’est son assistante Marisa Forzano qui a confirmé la nouvelle au New York Times.
Benton restera à jamais l’homme derrière Kramer contre Kramer (1979), drame intime devenu phénomène mondial, qui parla comme jamais auparavant du divorce, de la garde d'enfant, de la paternité. Auréolé de 5 Oscars dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario, il a permis aussi de consacrer Dustin Hoffman et de révéler une certaine Meryl Streep – alors quasi inconnue.
Mais le parcours de Benton ne se résume pas à cette réussite. Né au Texas, formé aux beaux-arts et passé par l’illustration, il débute comme directeur artistique pour le magazine Esquire. C’est là qu’il rencontre David Newman, avec qui il coécrit en 1967 le mythique Bonnie and Clyde. D'abord refusé par les studios, le script explose à l’écran grâce à Arthur Penn et Warren Beatty, devenant un classique de la Nouvelle Vague américaine.
Fidèle à une vision d’auteur, Robert Benton a aussi imaginé la comédie policière néo-noire Le chat connaît l'assassin (1977) et surtout le grand drame historique Les Saisons du cœur (1984), qui place Sally Field et Danny Glover dans les affres de la Grande Dépression et vaut au cinéaste un Ours d'argent à Berlin et surtout un nouvel Oscar du Meilleur scénario (ainsi qu'une statuette de Meilleur actrice pour Field).
Puis le réalisateur s'essaye à la comédie avec moins de succès avec Nadine (1991), filmant le drôle de couple Kim Basinger et Jeff Bridges.
Robert Benton revient à un cinéma pudique et élégant en signant Un homme presque parfait (1994), où Paul Newman incarne un sexagénaire désinvolte.
Son dernier long métrage, Festin d'amour, méditation sur les sentiments humains, porté par Morgan Freeman, était sorti en 2007.
Honneur suprême, la Writers Guild of America lui avait récemment décerné deux prix pour l’ensemble de sa carrière d’écriture. Une reconnaissance méritée pour un homme qui, de Bonnie and Clyde à Kramer contre Kramer, aura façonné un pan majeur de l’histoire du cinéma américain.







Commentaires