The Smashing Machine
A24

Le réalisateur commente pour Première les trois films essentiels à la confection de son drama sportif porté par Dwayne Johnson.

Sans son frère, Benny Safdie réinvente le drame sportif à l'américaine, avec l'aide de Dwayne Johnson, qui se glisse dans le corps musculeux de Mark Kerr, légende fondatrice du MMA. The Smashing Machine et ses inspirations, racontées par le cinéaste (dans le Première n°567 actuellement en kiosque). A voir actuellement en salles.

La vie est belle (de Frank Capra, 1946)

La vie est belle (de Frank Capra, 1946)
Swashbuckler Films

"Très tôt au cours de la préparation du film, j’ai envoyé un extrait de La vie est belle à Dwayne (Johnson) pour qu’il le regarde de près : c’est la scène où Jimmy Stewart apprend que son frère s’en va, parce qu’il a obtenu le job qu’il souhaitait, et que lui va donc devoir rester vivre dans sa petite ville et abandonner ses rêves. Stewart est dévasté – c’est l’une des interprétations les plus subtiles de sa carrière, puis la caméra le suit pendant qu’il rejoint ses proches, en prenant un air joyeux, faisant semblant que tout va bien. Voilà, ça, c’est Mark Kerr ! Détruit à l’intérieur et prétendant qu’il n’y a aucun problème. C’est un sentiment que tout le monde connaît, vous, moi, Dwayne."

Milestones (de Robert Kramer et John Douglas, 1975)

Milestones (de Robert Kramer et John Douglas, 1975)
Capricci

"C’est un docu génial, l’un de mes films préférés. On y voit une naissance qui m’avait fait pleurer. Je m’étais dit : “Le cinéma est donc capable de faire ça ?” Je suis obsédé par le réalisme, je veux que tout sonne vrai, et en priorité les acteurs. Avant de tourner les scènes de dispute du film, Dwayne, Emily (Blunt) et moi nous sommes racontés les pires engueulades que nous avons eues dans nos vies. C’est gênant au début, puis ça devient presque thérapeutique. Une fois que les acteurs sont prêts, la scène peut marcher du premier coup. Pour la grande dispute sur fond de Springsteen, par exemple, on n’a eu besoin que d’une seule prise. C’est rare pour des séquences de cette importance."

Rocky III (de Sylvester Stallone, 1982)

Rocky III
MGM

"Encore plus important que le premier Rocky. Déjà, visuellement, le film déchire, c’est filmé par Bill Butler, le chef op des Dents de la mer. Et Rocky perd dedans ! Enfin, il perdait aussi dans le 1, mais il gagnait quand même quelque chose à la fin… Là, il doit retrouver les raisons pour lesquelles il se bat, la flamme doit être rallumée. Rocky est au sommet, il a tout et pourtant il lui manque quelque chose. J’adore sa vulnérabilité dans Rocky III, et aussi sa fraternité avec Apollo Creed. Techniquement, il est à peu près au même endroit à la fin qu’au début. C’est un peu comme dans La vie est belle. Qu’est-ce qui a changé entre le début et la fin ? Rien. À part l’essentiel : son point de vue sur l’existence !"