Portrait d’une photojournaliste palestinienne disparue, ce documentaire fait du cinéma un geste de mémoire et de résistance implacable.
Put Your Soul on Your Hand and Walk de Sepideh Farsi (Demain je traverse, La Sirène…) n’est pas seulement le portrait d’une jeune Palestinienne. C’est désormais la résurrection symbolique d’une femme assassinée. Fatem Hassona, photojournaliste de 25 ans, vit (ou plutôt survit) dans la bande de Gaza. A travers l’écran fragile de son téléphone, elle se confie à la cinéaste : la faim, la peur, mais aussi les éclats de joie minuscule, la douceur d’une voix, l’humour qui affleure malgré tout. Pendant une heure cinquante, le spectateur vit au rythme de ce flux de confidences et de ces connexions interrompues, de ces pixels qui se brouillent et reviennent, comme si la vie elle-même vacillait à chaque coupure de réseau. Son visage, ses yeux d’un vert insoupçonné, son sourire lumineux défient l’effacement.
Pourtant, Fatem n’existe plus : elle a été tuée dans une frappe israélienne avant même que ce film ne nous parvienne. Et cette révélation bouleverse totalement la réception du documentaire. Chaque image devient empreinte, chaque silence, écho. Farsi avait choisi de documenter l’intime, de témoigner en direct, mais Put your soul on your hand and walk n’a plus du tout la même signification. Le cinéma retient la voix, la grâce et la dignité de Fatem et partant d’un peuple tout entier qui semble voué au même destin. Et face à la mort, ce documentaire oppose une persistance lumineuse. Le visage de Fatem, disparu du monde mais sauvé par l’image, risque de nous hanter très longtemps.
De Sepideh Farsi et Fatma Hassona. Durée 1h50. Sortie le 24 septembre 2025







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