Black Rabbit Netflix
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Les deux stars sont l'Alpha et l'Omega de ce thriller léché, qui tourne à la descente aux enfers euphorisante et épuisante.

Suivre le lapin blanc, c'est partir avec Alice au pays des merveilles, c'est découvrir avec Neo l'univers de Matrix, et c'est désormais s'enfoncer avec les frères Friedken dans la jungle de New York. Sauf que cette fois, le lapin est noir. Ce Black Rabbit, c'est le nom du restaurant très en vogue que possède Jake Friedken, le GQ des gens hype de la Big Apple. C'est aussi le nom du groupe de rock qu'il avait formé avec son frère dans les années 1990. Le temps d'un clip de 30 secondes, on découvre le tube fantastique composé pour l'occasion, dans lequel Jude Law et Jason Bateman s'éclatent en stars grunge des années 1990. Toute ressemblance avec les frères Gallagher (Oasis) n'est peut-être pas fortuite.

Jason Bateman et Jude Law dans Black Rabbit
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Comme Liam et Noel, les frères Friedken s'aiment autant qu'ils se déchirent. Ils partagent une complicité fusionnelle qui nourrit toute la série mise en ligne aujourd'hui sur Netflix.

Et ça commence par des retrouvailles. Après des années d'absence, Vince, l'aîné, revient à New York. Avec son look improbable de survivant de Koh-Lanta, Jason Bateman incarne le frangin badass et sans scrupule, qui a tout perdu et revient tenter de recoller les morceaux avec son petit frère. Il faut dire que tout roule pour Jake dans son restaurant. De prime abord, il a su surfer sur ses années de succès de pop star et investir le monde de la nuit new-yorkaise. Mais sa vie bien rangée va rapidement voler en éclats sous l’influence de son aîné.

En suivant ce vilain petit canard déguisé en Black Rabbit, on s’engouffre dans une spirale infernale où s'entremêlent secrets, jalousies et vieux traumatismes familiaux. L'histoire classique à la Caïn et Abel (ou Thor et Loki si l'on préfère) prend des allures de thriller rock’n’roll à l’esthétique stylisée.

Black Rabbit
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Trois ans après le sombre Ozark, Jason Bateman - qui réalise aussi les premiers épisodes - retrouve Netflix et signe un nouveau polar élégant et fascinant, qui mise tout sur son duo avec Jude Law. Leur association est absolument cool, leur relation attachante et l'écriture de Zach Baylin (scénariste de Creed III et du remake de The Crow) regorge de bonnes idées — comme ce chef mafieux sourd et muet interprété par Troy Kotsur (Oscarisé pour CODA). Dommage que Black Rabbit devienne un peu répétitive à la longue. L'inéluctable descente aux enfers s'étale sur huit heures — vraiment trop long — et, paradoxalement, ne parvient pas toujours à verbaliser les nuances psychologiques de cette dynamique fraternelle, véritable moteur de toute la série.

Black Rabbit, en 8 épisodes, à voir sur Netflix à partir du 18 septembre 2025.

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