Nom de naissance Volker Schlöndorff
Naissance (85 ans)
Wiesbaden, Hesse, Germany
Genre Homme
Profession(s) Réalisateur, Scénariste, Réalisateur/Metteur en Scène
Avis

Biographie

Volker Schlöndorff est un cinéaste allemand né le 31 mars 1939 à Wiesbaden célèbre pour ses films Les Désarrois de l'élève Törless, L'honneur perdu de Katharina Blum, Le Tambour, Le roi des aulnes et Diplomatie.Né dans une famille de médecins, Volker Schlöndorff fait ses études en France à partir de quinze ans. Après s'être formé à l'IDHEC, il devient assistant réalisateur de Jean-Pierre Melville, Alain Resnais et surtout Louis Malle, de 1960 à 1965. C'est en Allemagne fédérale, toutefois, qu'il tourne son premier film, Wen Kummert's (1965), un court métrage qui sera immédiatement interdit en France car il évoque la guerre d'Algérie. Bénéficiant des premières mesures adoptées en Allemagne pour aider le cinéma d'auteur, il adapte et met en scène un roman de Robert Musil, Les Désarrois de l'élève Törless en 1966. Primé au festival de Cannes, c'est un des films qui affirment le renouveau du cinéma d'outre-Rhin. Le succès qu'il remporte permet à son auteur de réaliser presque immédiatement un deuxième long métrage : Vivre à tout prix en 1967, qui n'échappe pas aux concessions malgré l'âpreté du scénario.Après Un moment bizarre (1967), primitivement destiné à être un film à épisodes et distribué en courts métrages trois ans plus tard, il tourne Michael Kohlhaas en 1969, d'après une nouvelle de Heinrich Von Kleist. C'est l'histoire d'un maquignon du XVI siècle qui se révolte contre le féodalisme. Ce film préfigure La Soudaine Richesse des pauvres gens de Kombach (1970), où Volker Schlöndorff adapte des événements historiques précis : l'attaque d'un collecteur d'impôts par des villageois vers l'année 1820. Le récit est d'une grande rigueur, la mise en scène toujours maîtrisée, et l'analyse historique s'accompagne d'une réflexion profondément humaine sur la logique de la révolte et de la répression. Animé par la volonté de démystifier les idylles rurales qui encombrent l'histoire du cinéma allemand, ce film est un de ceux qui ont créé ce qu'on a appelé le "nouveau Heimatfilm" ou "Heimatfilm critique".Un cinéaste reconnu et influentDepuis 1969, les films de Schlöndorff sont généralement produits par la société qu'il a créée avec Peter Fleischmann, Halleluyah Film. Le contexte allemand des années 1968-1974, peu favorable au cinéma d'auteur, le conduit à travailler pour la télévision, avec notamment une adaptation de Baal d'après Brecht, où le rôle principal est tenu par Fassbinder. Le film le plus important de cette période est Feu de paille (1972), écrit en collaboration avec Margarethe von Trotta, qui est devenue son épouse. Simple chronique en apparence, c'est une œuvre qui dévoile les mécanismes d'oppression de la femme par l'homme.En 1973, associé à Reinhard Hauff, il crée une nouvelle société de production, Bioskop Film. Le premier film qu'il tourne pour cette société est L'Honneur perdu de Katharina Blum (1975), écrit et réalisé en collaboration avec Margarethe von Trotta. Conçu pour dénoncer la presse à sensation et des méthodes policières en contradiction avec les principes d'un État libéral, le film veut convaincre, et abandonne l'ironie et la distance du récit de Heinrich Böll dont il est l'adaptation. Il rencontre en Allemagne un succès exceptionnel et lui permet de s'affirmer comme étant un des réalisateurs allemands les plus influents et reconnus.Le Coup de grâce (1976) repose sur des principes opposés. Tourné en noir et blanc, sans passion malgré la force romanesque du livre d'origine (signé Marguerite Yourcenar), c'est une oeuvre austère et rigoureuse qui semble contredire la réputation de cinéaste à succès que Volker Schlöndorff est en train d'acquérir. Désormais, le cinéaste partage ses activités entre des films à budget confortable qui rencontrent un large public et des films de témoignage politique qui sont autant d'interventions sur la scène politique.Le Tambour, Palme d'orEn 1977-78, il est un des artisans de la réussite de l'Allemagne en automne auquel collaborent onze autres scénaristes et cinéastes. Il a dirigé avec Alexander Kluge les séquences de reportage et réalisé l'épisode Antigone écrit par Heinrich Böll. Avec Alexander Kluge, Stefan Aust et Alexander von Eschwege, il tourne Le Candidat (1980), qui, à partir d'un portrait quelque peu polémique d'un politicien de droite (Franz Josef Strauss), s'érige en une véritable analyse de la vie politique en Allemagne fédérale depuis 1945.Toujours avec Kluge, et en compagnie d'Axel Engstfeld, Stefan Aust et Heinrich Böll, il signe en 1983 Guerre et Paix, illustrant de manière percutante le problème de la paix et de la guerre atomique. Le Tambour (1979), dont l'esprit est très fidèle à celui du livre de Günter Grass, a été l'un des plus grands succès du cinéma allemand. Le film remporte la Palme d'or au festival de Cannes et l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood.Schlöndorff réalise ensuite Le Faussaire (1981), d'après le livre de Nicolas Born, La Falsification. Tournée à Beyrouth, l’œuvre évoque le désarroi provoqué par un conflit absurde, et, d'une certaine manière, c'est un film sur la fin des idéologies. Le cinéaste, bénéficiant de moyens importants et de la participation d'acteurs célèbres, tente l'impossible exploit de restituer l'univers de Marcel Proust à l'écran et adapte Un amour de Swann, réalisé en France en 1983.Schlöndorff, adversaire du fanatismeIl adapte en 1985 Mort d'un commis voyageur, offrant un rôle de premier plan à Dustin Hoffman. Le style adopté par Schlöndorff est très différent de la version tournée en 1951 par László Benedek avec Fredric March dans le rôle principal. Le huis-clos reste relativement lent et théâtral mais fait davantage appel à l'environnement psychanalytique des personnages.Adversaire déclaré du fanatisme, le cinéaste évoque le monde du racisme et l'antagonisme Blancs-Noirs dans Colère en Louisiane (1987). Seulement, il est moins à son aise en imaginant un monde futur où la femme serait réduite en esclavage moral et sexuel dans La Servante écarlate (1990). En 1991 dans The Voyager, il adapte le roman de l'écrivain suisse Max Frisch, Homo Faber, avec comme interprètes principaux Sam Shepard et Barbara Sukowa.En 1992, il prend la direction artistique des anciens studios de la DEFA de Babelsberg qui venaient d'être privatisés, et revient à la mise en scène en 1996 avec Le Roi des Aulnes, d'après le roman de Michel Tournier. Après avoir réalisé Palmetto en 1998, il tourne pour Babelsberg en 1999 le film Les Trois vies de Rita Vogt, sur le thème des terroristes de l'extrême gauche discrètement réfugiés en RDA.Schlöndorff et la Seconde Guerre mondialeEn 2004, il réalise Le Neuvième Jour, un film dans lequel Ulrich Matthes incarne un abbé libéré du camp de Dachau par les nazis afin qu'il convainque son évêque de tutelle d'abandonner son opposition farouche au régime hitlérien, faute de quoi il retournera dans le camp de concentration de Dachau. Deux ans plus tard, en 2006, il tourne L'Héroïne de Gdansk, un téléfilm germano-polonais sur une ouvrière du port de Gdansk (Dantzig) inspiré du parcours d'Anna Walentynowicz, cofondatrice du syndicat polonais Solidarnosc.En 2008, il dirige Philippe Torreton dans Ulzhan, un film sur un français qui parcourt le Kazakhstan pour échapper à sa vie tragique. En 2012, il refait un passage par la télévision en réalisant pour la chaîne franco-allemande Arte, le téléfilm La Mer à l'Aube. S'il aborde toujours le thème de la Seconde Guerre mondiale, il s'intéresse cette fois au destin des 50 Otages fusillés à Nantes et Châteaubriant en représailles de l'assassinat du colonel Hozt à Nantes en 1941. Parmi les otages, Jean-Pierre Timbaut et bien sûr, Guy Moquet.Il faut ensuite attendre l'année 2014 pour le retrouver derrière la caméra, et une nouvelle fois pour traîter le thème de la Seconde Guerre mondiale. Dans Diplomatie, adpaté de la pièce éponyme de Cyril Gély, il met en scène les négociations du Consul de Suède Raoul Nordling (André Dussollier) avec le Général Dietrich Von Choltitz (Niels Arestrup) pour empêcher la destruction de Paris ordonnée par Adolf Hitler. Le film reçoit le César de la meilleure adaptation.

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
2021 The Forest Maker Réalisateur -
2021 Lotte Eisner, aucun lieu, nulle part Acteur Self
2017 Retour à Montauk Réalisateur, Scénariste -
2015 Strike Réalisateur -
2015 Ten minutes older : The Cello Réalisateur -

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