-
Comment subvertir les codes du thriller psychologique en se débarrassant de tout sensationnalisme ? C’est un peu la question posée par le film de Jan-Ole Gerster (Oh boy). Sam Riley incarne Tom, un coach de tennis lessivé, échoué aux Canaries. Il a une nonchalance magnétique et un je-m’en-foutisme caractérisé qui défient clairement les clichés du héros en quête de rédemption. C’est un loser, et il l’assume. Mais l'arrivée d'Anne (Stacy Martin) et de son fils va bouleverse sa tranquille dérive existentielle… Tout cela, on le comprendra à travers un récit qui avance façon puzzle. Gerster refuse l'exposition classique et préfère distiller les révélations comme des miettes, transformant le mystère de la disparition du mari en une méditation sur l'aliénation moderne. Le scope (magnifique) accentue l'isolement des personnages dans ces paysages volcaniques, mais cette métaphore visuelle n’est jamais dupe d’elle-même. Si on accepte de rentrer dans ce jeu, alors Islands devient un néo-noir contemplatif idéal pour la période estivale.


