Première
Pour son deuxième long métrage intitulé Le bonheur est une bête sauvage, Bertrand Guerry (Mes frères) est de retour sur l'île d’Yeu. Sa caméra s’immisce dans un nouveau huis clos familial et explore, à travers l’objectif, l'intimité d’un quotidien en souffrance. On y rencontre Jeanne (Sophie Davout), veuve et recluse dans une caravane, prisonnière du manque de son défunt mari. Sur une temporalité d’une semaine, le cinéaste passe au peigne fin les dérives d’un deuil impossible, comme si le temps s’était arrêté. Mais il raconte aussi les histoires de Tom (Sacha Guerry), son neveu, qui rêve de devenir comédien à Paris ou de Jan (Chris Walder) qui redécouvre l’amour. Avec des personnages hauts en couleurs, presque étranges, cette comédie frôle l’absurde pour raconter avec légèreté le deuil et la résilience. Bertrand Guerry dévoile la face cachée d’une communauté qui rêve d’ailleurs dans un récit allégorique intriguant. Hélas malgré la beauté de sa photographie, une colorimétrie particulière et un scénario décalé, le film s'essouffle et le jeu des acteurs peine à convaincre.
Marie Janeyriat