L'actrice, qui vient de signer son premier film, a livré un discours enflammé devant un prestigieux parterre de consœurs, dénonçant la régression du cinéma féminin à Hollywood.
Lors du déjeuner annuel de l’Académie et de Chanel à Los Angeles, Kristen Stewart a livré un discours enflammé sur la place des réalisatrices et des récits féminins à Hollywood.
Quelques jours après la sortie en salles de The Chronology of Water, son premier long métrage en tant que réalisatrice, l’actrice de Twilight a dénoncé un système qui, selon elle, a vite trahi les promesses faites à l’ère post-#MeToo.
"Après #MeToo, on a cru possible que les histoires faites par et pour les femmes soient enfin reconnues, qu’on nous laisse exprimer nos expériences sans filtre," a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : "Mais je peux désormais attester de la lutte acharnée qu’il faut mener à chaque étape, dès que le sujet est jugé trop sombre, trop tabou, ou que la franchise de ton propos provoque le dégoût et le rejet."
Kristen Stewart, 34 ans, s’en est également prise à ce qu’elle appelle "la violence du silence", cette façon plus insidieuse de réduire au silence la colère des femmes :
"On peut parler d’écarts de salaire ou de taxes sur les tampons, mais la vraie violence, c’est de nous faire taire. Comme si on n’avait même plus le droit d’être en colère. Mais je pourrais bouffer ce pupitre à la fourchette tellement je suis furieuse !"
Kristen Stewart slams Hollywood’s treatment of women filmmakers after a "brief moment of progress" following the MeToo movement:
— Variety (@Variety) November 5, 2025
"In a post-MeToo moment it seemed possible that stories made by and for women were finally getting their due, that we might be allowed or even… pic.twitter.com/JSN2OeLiAr
Sous les rires et les applaudissements du public – où figuraient notamment Tessa Thompson, Patty Jenkins, Sarah Paulson, Riley Keough, Julia Louis-Dreyfus, Kate Hudson ou encore Claire Foy – Stewart a dressé un constat amer :
"Le recul, après un bref moment de progrès, est statistiquement dévastateur. Si peu de films ont été réalisés par des femmes cette année… C’est pitoyable."
Elle continue : "Nous ne sommes pas assez nombreuses. Là, tout de suite, on est toutes réunies, et ça donne l’impression qu’il y en a beaucoup, mais putain, non, ce n’est pas le cas. Et ce n’est pas notre faute. C’est notre industrie qui est en état d’urgence. La dernière chose que je veux, c’est que cette célébration soit ensevelie sous un tas de gravats furieux. On a le droit d’être fières de nous, de nous autoriser à retrouver une vraie gratitude – pas celle qu’on joue machinalement, mais celle qu’on ressent vraiment, de l’intérieur."
Lucide mais galvanisante, elle a terminé sur une note d’espoir :
"Notre milieu est en état d’urgence, mais nous avons le droit d’être fières de nous, de nous encourager, et surtout de ne plus être tokenisées. Je ne suis pas reconnaissante envers un boys’ club qui fait semblant de vouloir traîner avec nous tout en siphonnant nos ressources. Créons notre propre monnaie."







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