Luca (2021)
Disney

Dans une Italie de carte postale, un Pixar mineur, mais touchant, joli et divertissant.

Luca, un jeune garçon triton vivant dans les flots de la Mer Ligure, rêve de la surface : en se liant d'amitié avec Alberto, un autre triton, ils vont découvrir qu'en sortant de l'eau, ils prennent une apparence humaine et peuvent vivre leur rêve de liberté -surtout trouver le moyen d'acquérir une Vespa, en fait. Giulia, une jeune fille aventureuse, va les faire participer à une course dont le premier prix leur permettra peut-être d'acquérir le précieux engin. Mais comment faire sans révéler leur nature de poisson ? Voilà donc le nouveau Pixar, qui se situe d'emblée dans la catégorie « normale », et non pas celle des « high concept » comme Soul et Vice Versa qui s'attaquent à des concepts rarement animés (ou même filmés). Luca est une agréable aventure juvénile, qui se déroule dans un petit village italien fantasmé des Cinque Terre, très terre-à-terre, accumulant les clichés via une animation qui a le bon goût de rester simple, vivante et charnelle.

Très premier degré, donc ? Justement, le moteur du script - les monstres marins gardent leur apparence humaine tant qu'on ne les mouille pas - et la relation quasi amoureuse entre Luca et Alberto permettent d'envisager le film sous l'angle du coming out movie : les parents de Luca, ayant peur que leur enfant soit trop attiré par l'extérieur, n'envisagent-ils pas une sorte de thérapie de conversion dans les abysses ? Ce serait presque super, mais le film reste tellement dans la métaphore de la différence qu'on peut en fait y plaquer n'importe quoi. Si Pixar veut un jour faire un film sur le coming out, qu'ils le fassent : ça, ça serait du high concept.

Projeté en avant-première au Festival international du film d'animation d'Annecy, Luca est disponible ce 18 juin sur Disney+.


A lire aussi sur Première