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Vampire humaniste cherche suicidaire consentant

Un bon film, ça ne tient à rien : une phrase qui fait rire, un joli plan, de super acteurs, quelque chose d’évident qui vous saute aux yeux… Vampire humaniste cherche suicidaire consentant arrive justement à accomplir ça dès ses dix premières minutes : on assiste à une fête d’anniversaire chez la famille vampire, qui va manger un clown un peu nul -et surtout réaliser que leur petite fille, trop émotive (« elle s’émeut d’vant une roche ! », se désole sa mère) n’est pas très chaude à l’idée de boire le sang d’autres êtres humains.

Sylvestre Picard
Immaculée (2024)
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Immaculée

Cecilia (Sydney Sweeney), une jeune religieuse américaine, est recueillie par un couvent au fin fond de l’Italie. À mesure qu’elle s’intègre au groupe et s’occupe des sœurs mourantes, elle observe une atmosphère étrange, qui atteint son paroxysme lorsqu’un miracle survient : bien que vierge, elle serait tombée enceinte. Concis et efficace, ce long-métrage étonne de prime abord par son scénario.

Affiche Bis Repetita
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Bis Repetita

Delphine (Louise Bourgoin) est prof de latin dans un lycée de province. Elle a cinq élèves qu’elle occupe pendant quelques heures hebdomadaires selon un contrat tacite. Contre une paix royale, la prof leur colle d’office un 19 de moyenne. Et au fond, qui pour la blâmer ? Les ennuis commencent quand sa classe est sélectionnée pour un concours d’excellence à Naples. Les cinq branleurs et leur enseignante démissionnaire vont donc devoir représenter la France à cette compétition.

Gael Golhen
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Averroès et Rosa Parks

Quand un film en appelle un autre… et même deux (La Machine à écrire qui sortira le 17 avril). En renouant, vingt- cinq ans après La Moindre des choses, avec le thème de la psychiatrie avec Sur L’Adamant, Ours d’Or à Berlin l’an passé, Nicolas Philibert n’avait sans doute pas anticipé qu’il ne s’arrêterait pas en si bon chemin, qu’il avait tiré un fil qui allait le pousser à aller rencontrer ailleurs que sur cette péniche, offrant un cadre de soins et des ateliers culturels, des malades en souffrance psychique.

Thierry Chèze
Hors-saison (affiche)
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Hors-saison

On a tendance à l’oublier mais avant son exploration du monde du travail avec La Loi du marché, En guerre et Un autre monde, Stéphane Brizé a commencé par parler d’amour. Dans Le Bleu des villes, son premier long en 1999, suivi de Je ne suis pas là pour être aimé, Entre adultes et Mademoiselle Chambon, qui lui a valu son seul César à ce jour.

Thierry Chèze
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La Beauté du geste- Danse et éternité

Une thématique traverse l’essentiel des documentaires mis en scène par Xavier de Lauzanne : le long chemin de la reconstruction des sociétés marquées dans leur chair et traumatisées par les guerres. Après avoir traité de la Syrie (9 jours à Raqqa, son meilleur film) et de l’Irak (En toute liberté), il s’intéresse cette fois- ci au Cambodge par un prisme singulier : le ballet royal du Cambodge qui ayant traversé l’histoire mouvementée du pays sans jamais être démantelé ou mis en sommeil, est considéré comme un véritable socle identitaire immuables pour ses habitants.

Thierry Chèze
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Tiger stripes

Le Grand prix de la Semaine de la Critique à Cannes, censuré dans son propre pays ?

Lucie Chiquer
La Nouvelle femme
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La Nouvelle femme

Saviez-vous que la méthode Montessori était née pour aider les enfants en situation de handicap ? A travers un puissant portrait de femme(s), Léa Todorov redonne une vie, un corps, à ces petits « déficients », comme ils étaient appelés au début du XXe siècle.

Elodie Bardinet
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Nome

En plein cœur de la Guinée- Bissau en 1969, la guerre pour l’indépendance fait rage. Nome est un u jeune homme qui quitte son village pour s’engager dans la guérilla et repousser les colons portugais. Il laisse derrière lui sa mère et Nambu, son amante, enceinte de lui. Alternant la narration au présent et des flashbacks lors de la cérémonie d’initiation de Nome lorsqu’il était enfant, le réalisateur Sana Na N’Hada met en perspective sa fiction et de vraies images d’archives de la révolution qu’il a lui- même vécu en tant que soldat puis comme documentariste.

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Mis hermanos

Cette fiction s’inspire de faits réels survenus dans un pénitencier chilien pour jeunes après une tentative d’évasion manquée en 2007. Si l’info est donnée en bout de course, cette fin vient presque s’inscrire en porte-à-faux par rapport à ce qui précède. Le film débute ainsi sur un plan de deux jeunes gens – dont on comprendra qu’ils sont frères – assis dans l’herbe, libres donc, avant que la caméra ne dévoile un mur d’enceinte ramenant nos protagonistes à leur sordide condition de prisonniers. Le film joue subtilement avec cette idée de l’apparente relativité de cet enfermement.

Thomas Baurez
Heureux gagnants
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Heureux gagnants

Film à sketchs qui gravite autour de l’argent, le film suit le destin de gens qui viennent de gagner au Loto et regarde les conséquences globalement funestes de cet « heureux » hasard. Mijoté dans l’esprit de la défunte comédie italienne, et relevé par une galerie d’acteurs venus de l’humour qui apportent un supplément volcanique. Des quatre segments, on préfèrera le premier, la partie haletante du film avec un Fabrice Eboué hilarant qui se la joue Bruce Willis des calanques et assure la dose d’action de l’ensemble.

Pierre Lunn
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The Sweet east

Lilian s’ennuie mollement entre sa vie de lycéenne et son blondinet de copain, avec qui elle couche sans conviction. Profitant d’un voyage scolaire à Washington, elle se fait la malle de ce quotidien cotonneux en passant de l’autre côté d’un miroir planqué dans les toilettes d’une pizzeria. The Sweet East s’assume d’emblée comme un conte de fées détraqué, une variation autour d’Alice au pays des Merveilles où la fosse à purin remplacerait le terrier du lapin blanc.

François Léger
AFFICHE
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Chroniques de Téhéran

Un plan fixe en suspension au-dessus de Téhéran. Un plan qui dure suffisamment pour permettre à notre regard de scruter l’espace, de saisir le murmure de la ville qui s’étoffe à mesure que la ville se réveille. En légère suspension donc, à une hauteur inatteignable, protégé du chaos. Le dispositif qui se met ensuite en place nous ramène au plus près de visages mais dans une position tout aussi démiurgique. La caméra se veut subjective dans l’idée d’un face à face permanent entre ces neuf hommes et femmes dont nous allons entendre et voir les mésaventures.

Thomas Baurez
Dans la peau de Blanche Houellebecq
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Dans la peau de Blanche Houellebecq

Michel Houellebecq a pris des champignons hallucinogènes. Ça ne va pas fort : il n’arrive plus à parler et sa gueule de Droopy cadavérique est quasi liquide… La situation dure longtemps, plusieurs scènes, au point que Houellebecq semble avoir quasiment disparu du film.

François Léger
Les Rois De La Piste affiche
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Les Rois de la piste

Un film comme une bulle de champagne. Habitué à des ambiances plus dramatiques (Le Héros de la famille …), Thierry Klifa s’aventure ici sur les rivages de la fantaisie, dans les pas d’une drôle de tribu – la mère, ses deux fils et son petit- fils – arnaqueurs façon Pieds Nickelés dont le vol d’un tableau au cours d’un cambriolage interrompu par les forces de l’ordre va bouleverser le fragile équilibre, au fil de dommages collatéraux à répétition.

Thierry Chèze
Il reste encore demain (affiche)
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Il reste encore demain

 En Italie, la figure féministe de 2023, ce n’est pas la Barbie de Margot Robbie. Car avec son premier long métrage C'é ancora domani, de son titre original, l’actrice et réalisatrice Paola Cortellesi a fait mouche en octobre dernier au point d’arriver en tête du box-office italien, devant Greta Gerwig. Une gifle. Autant au sens figuré qu’au sens propre.

Lucie Chiquer
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Shikun

Adaptation audacieuse de Rhinocéros d’Eugène Ionesco, Shikun capte les quotidiens croisés des habitants d’un bâtiment du désert israélien mais peine à se défaire de ses racines théâtrales. Le nouveau projet d’Amos Gitai trouve un écho contemporain en traitant l’émergence de la haine au sein d’un groupe hybride et polyglotte. Pourtant, le film ne dépasse pas son concept et le défilé de personnages déclamant leur histoire par quelques traits d’esprit ne permet pas d’apprécier la poésie qu’il prétend atteindre.

Bastien Assié

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Lettre errante

Voilà un titre de film poétique et évocateur, pour un documentaire dont le sujet l’est tout autant : la lettre « R » et ses multiples prononciations à travers les langues. Seulement, la magie du cinéma s’arrête là. Avec un dispositif formel élémentaire, réduit à une simple succession d’entretiens face caméra et de trop discrètes liaisons lyriques, le documentaire déçoit en ce qu’il n’embrasse jamais pleinement la puissance sensible de son sujet.

GALERIE
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Inchallah un fils

Premier long métrage réalisé par Amjad Al Rasheed et premier film jordanien de l’histoire à avoir été projeté au Festival de Cannes, ce drame contemporain suit les pas de Nawal, trentenaire jordanienne plongée dans une situation épineuse après la mort de son mari. Mère d’une petite fille alors qu’il lui faudrait avoir un garçon pour bénéficier directement d’un héritage, Nawal va se retrouver dépendante des choix opérés par les frères de son époux.

Damien Leblanc
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Holly

Ce matin- là, la jeune Holly a eu une prémonition et prévenu son collège qu’elle ne viendrait pas. Un pressentiment tragiquement juste : l’établissement sera dans la journée la proie d’un incendie qui fera dix victimes. Dès lors, celle qui était la fille bizarre, harcelée, devient celle qu’on courtise pour son don qui semble même soulager les gens de leur chagrin.

Thierry Chèze
HLM PUSSY (2024)
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HLM Pussy

Trois amies inséparables exposent en ligne l’agression sexuelle de l’une d’entre elles. Une étincelle de révolte qui, au lieu d’unir, finira par fragiliser leur lien. Pour son premier long, Nora El Hourch prend le pouls d’une jeunesse de banlieue parisienne sans filtres mais à fleur de peau, en explorant les intrications complexes de l'amitié, de la justice et des pressions sociales, à l'ère des réseaux sociaux et de MeToo.

Comme un fils (affiche)
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Comme un fils

C’est un sujet passionnant et qui, comme la plupart des films de Nicolas Boukhrief, résonne fort avec l’actu. Un prof qui a perdu la flamme tombe sur un mineur isolé parti en vrille. L’enfant sauvage est un rom et a des ennuis avec la police. L’ancien prof décide alors de le sauver. Malgré lui. Contre lui. Mais jusqu’où pourra-t-il aller dans cette croisade ? Mise en scène à l’os, réalisme étouffant : on se croirait chez les Dardenne au début (un gamin, l’entêtement, une mission, et le réel comme véritable obstacle).

Pierre Lunn
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Les Carnets de Siegfried

Le Siegfried du titre, c’est Siegried Sassoon, poète anglais, célèbre notamment pour ses écrits pacifistes inspirés par l’horreur de la Première Guerre mondiale. Terence Davies, dans l’ouverture de son ultime long-métrage (le cinéaste est mort en octobre dernier), plaque les mots de Sassoon sur des images d’archives des combats – un dispositif minimaliste mais puissant.

Frédéric Foubert
Bolero (2024)
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Bolero

Après Police et Présidents, la très éclectique Anne Fontaine explore les affres de la création du Bolero par Maurice Ravel, longtemps incapable de trouver l’inspiration de cette commande passée par la danseuse Ida Rubinstein (Jeanne Balibar, irrésistible). Même si son récit évoluant entre flashbacks et forwards ne se concentre pas sur 1928, ce parti pris permet d’éloigner Bolero du biopic classique qui va de la naissance à la mort.

Thierry Chèze
Blue Giant
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Blue giant

Tourné par le même réalisateur que Détective Conan : Le Sous-marin noir (sorti l’an dernier), Blue Giant est encore une adaptation d’un manga à succès : l’histoire d’un jeune saxophoniste passionné qui fait tout devenir « le meilleur jazzman du monde » et monte pour cela un groupe avec un pianiste hyper doué (mais trop propre sur lui) et un batteur brouillon (mais assidu). Le trio habituel des mangas d’action type shonen (ça marche aussi bien dans Naruto que dans Hunter X Hunter).

Sylvestre Picard
14 jours pour aller mieux (affiche)
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14 jours pour aller mieux

A la demande de sa fiancée (par ailleurs fille de son patron qui le pressurise) qui le juge trop stressé et en fait une condition non négociable pour leur mariage, un cadre (Maxime Gasteuil, dans son premier vrai grand rôle au cinéma) se retrouve embarqué avec son futur beau- frère dans un stage de bien- être. La comédie d’Edouard Pluvieux (Amis publics) joue sur le choc des contraires, entre ce cartésien et les autres stagiaires tous plus perchés les uns que les autres.

Thierry Chèze
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Imaginary

Les oursons tueurs sont des monstres alléchants, quoique celui-ci paraît mal léché. Il s’appelle Chauncey. Et alors que Jessica retourne dans sa maison d’enfance avec sa famille, sa plus jeune belle-fille Alice développe un attachement étrange pour cette peluche qu’elle a trouvée dans le sous-sol. Tout commence par des jeux innocents, mais le comportement d’Alice devient de plus en plus inquiétant. Et Jessica comprend alors que Chauncey, la force à accomplir des tâches pour l’emmener dans un monde parallèle. 

La Vie de ma mère (2024)
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La Vie de ma mère

La comédie, Julien Carpentier connaît sur le bout des doigts pour avoir notamment travaillé avec Mathieu Madénian, Thomas VDP et Monsieur Poulpe. Mais à l’occasion de son premier long, il a choisi un pas de côté en s’aventurant vers un type de comédie plus émouvante, celle capable de vous ficher autant les larmes aux yeux que le sourire aux lèvres autour d’un duo mère- fils. Pierre, 33 ans, fleuriste dont la petite boutique cartonne et Judith, fantasque et excessive qui redébarque dans sa vie après deux années passées loin de lui.

Thierry Chèze
La salle des profs (2024) affiche
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La Salle des profs

Auteur de plusieurs longs n’ayant jamais atteint les salles de cinéma françaises, le nom d’İlker Çatak nous était jusque là inconnu. Et en s’asseyant devant un film au titre aussi sobre, presque conventionnel, difficile d’imaginer autre chose qu’un nouveau drame sur l’école, dans la lignée des Héritiers et d’un Métier Sérieux, sorti l’année dernière. Comme attendu d’ailleurs, le film s’ouvre sur un portrait kaléidoscopique d’une école, dans laquelle les professeurs s’échinent à faire au mieux face à des élèves souvent en difficulté.

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Satoshi

Préparez vos mouchoirs ! Satoshi se retrouve privé de sa vue et de son ouïe à 18 ans à cause d’une maladie incurable. Inspiré d’une histoire vraie, ce mélodrame japonais se révèle plutôt juste quand il aborde la maladie du point de vue de la mère, seule femme capable de partager la douleur psychologique de son fils. Mais le récit s’abime hélas trop dans une atmosphère tire- larmes qui vient fragiliser la morale sur l’acceptation de soi.

Yohan Haddad